2011 s’est achèvée sur un constat sévère ; la quasi-totalité des places financières mondiales ont lourdement dévissé. Le CAC40 a ainsi cédé près de 17% et le phénomène n’est pas propre à l’hexagone puisque même les émergents ont été secoués par la succession des chocs internationaux, parmi lesquels la catastrophe de Fukushima, le printemps arabe, la dégradation de la note souveraine US, la crise des dettes européennes, l’agression des agences de notations et le risque de récession mondiale.
Seule Wall Street a pu garder la tête hors de l’eau, soutenue par des indicateurs économiques suggérant une solide résistance de l’économie outre-Atlantique aux secousses internationales.
C’est sans nul doute avec soulagement que les investisseurs mondiaux ont tourné la page 2011 qui aura été pesante nerveusement. Les mouvements boursiers ont été aussi volatils qu’erratiques. Les opérateurs ont relégué au second plan les données macro-économiques pour ne réagir ou sur-réagir qu’aux nombreuses rumeurs et aux rebondissements politiques avec des réactions quasi épidermiques, tantôt optimistes notamment avant les sommets européens tantôt pessimistes souvent après les fameuses réunions politiques.
Pour preuve, les marchés ont violemment décroché en juillet, cédant par exemple plus de 1000 points pour le CAC40 entre le 1er juillet et le 10 août, soit plus de 25%, pour rebondir de 20% et repartir en baisse avec autant de brutalité.
Sur les autres places européennes, la tendance n’est guère meilleure. Milan a succombé à la crise des dettes et au départ de Berlusconi, la place s’est effondrée de plus de 25%, suivent ensuite Bruxelles avec -19%, Francfort -15% et Madrid -14%, tandis que Londres a su résister à la vague corrective avec un repli limité à 5,5% sur l’année.
Du côté des entreprises, seules 4 valeurs cotées sur le CAC40 sont restées dans le vert et 20 seulement du côté du SBF120. Les lauréats sont Hermès (+47%) et EADS (+38%).
Les plus chahutées sont incontestablement les valeurs bancaires tandis que la santé et l’agroalimentaire ont enregistré les meilleures performances sectorielles. Les banques naturellement et directement exposées aux titres obligataires européens ont été laminées par la crise des dettes. Ainsi, Société Générale a dévissé de 57,22%, Crédit agricole de 54,12% et BNP Paribas de 36,25%. Les « Utilities » (services aux collectivités) qui sont fortement endettés ont également été chahutés tout comme les valeurs cycliques (automobile, construction, industrie, matériaux de base). On pourra relever les sous-performances de Veolia Environnement – la pire du CAC40 – avec une chute de plus de 61% mais également Air France -70,85%, Peugeot -57,37% ou Lafarge -42,11%.
Sur les places internationales, les émergentes ont subi les risques de récession des pays occidentaux qui menacent leurs exportations. Elles ont enregistré des trous d’air de 20% en moyenne. En revanche, les indices outre-Atlantique ont évolué à contre courant, affichant de solides performances au regard de leurs homologues internationaux et ce malgré la dégradation de la note souveraine du pays en août. Le Dow Jones a enregistré un gain de 6% sur l’année. Les indices ont été soutenus par la faible exposition des banques américaines aux dettes européennes et la bonne orientation des indicateurs économiques qui suggèrent la poursuite de la reprise à un rythme certes très lent, mais en tout cas suffisant pour soutenir le moral des investisseurs américains…
Thierry Lou










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